Environnement maritime - Faune, Flore - Bâteaux - Graphisme
 
AccueilPortailConnexionS'enregistrer

Partagez | 
 

 Les herbiers marins

Aller en bas 
AuteurMessage
Bleuemer
Admin
Bleuemer

Messages : 380
Age : 60

MessageSujet: Les herbiers marins   Jeu 13 Déc - 22:18

Écologie

Les herbiers marins jouent un rôle majeur dans les écosystèmes des proches rivages marins de tous les continents excepté l'Antarctique.

Des prairies sous-marines

Ces curieuses plantes à fleurs sous-marines constituent des groupements appelés « herbiers », car leurs feuilles sont longues et étroites, vertes la plupart du temps, et parce que ces plantes poussent souvent sous la forme de grandes « prairies » qui ressemblent à des pâturages.
En d'autres termes, nombre des plantes qui constituent les herbiers marins ressemblent à première vue à des graminées terrestres de la famille des Poaceae.


Du fait que ces plantes doivent effectuer leur photosynthèse, elles sont limitées dans leur habitat et ne peuvent vivre qu'immergées dans la zone photique, et la plupart de ces plantes poussent dans les eaux côtières protégées et peu profondes, enracinées dans le sable ou la vase, parfois sur substrat rocheux.
L'ensemble de leur cycle vital, en particulier la pollinisation, s'effectue en milieu sub-aquatique.

Des prairies souvent poly-spécifiques

Les herbiers marins forment des prairies extensives qui peuvent être soit mono-spécifiques (composées d'une seule espèce), soit multi-spécifiques (plusieurs espèces coexistent).
Environ 70 espèces formant ces herbiers ont été décrites dans les mers du globe, bien que la taxonomie de ce groupe de plantes soit encore discutée.
Par exemple, Phillipps et Menez (1988) ne reconnaissent que 48 espèces.

Dans les zones tempérées généralement, un nombre restreint d'espèces dominent, voire une seule (comme la zostère Zostera marina dans l'Atlantique Nord), alors que les prairies tropicales sont généralement plus diversifiées, avec un maximum de 13 espèces dans un seul herbier enregistré dans les Philippines.
L'Australian Institute of Marine Science évalue à 30 le nombre d'espèces dans l'ensemble des eaux australiennes.




Les eaux du seul détroit de Torrès, au nord de l'Australie, hébergeraient 11 espèces.

En Méditerranée, on dénombre 5 espèces : Posidonia oceanica, Zostera marina, Zostera noltii, Cymodocea nodosa et Halophila stipulacea.
Cette dernière est une espèce de mer Rouge et de l'océan Indien nouvellement apparue en Méditerranée, vraisemblablement via le canal de Suez, d'où le nom « d'espèce lesseptienne » parfois donné à une espèce issue de cette migration, en référence à Ferdinand de Lesseps, promoteur du canal.

Des écosystèmes très riches

Les herbiers sont des écosystèmes hautement diversifiés et productifs.
Ils peuvent héberger des centaines d'espèces associées appartenant à tous les phylums du vivant, par exemple des poissons juvéniles et adultes, des algues épiphytes ou des algues libres macroscopiques ou microscopiques, des mollusques, des vers polychètes et des nématodes.
Peu d'espèces ont été initialement considérées comme se nourrissant directement des feuilles d'herbiers, en partie en raison de leur contenu nutritionnel faible, mais des publications scientifiques et l'amélioration des méthodes de travail ont montré que les herbivores marins constituent un maillon très important dans la chaîne alimentaire, avec des centaines d'espèces qui se nourrissent sur les herbiers des mers du monde, notamment les dugongs, les lamantins, des poissons, des oies, des cygnes, des oursins et des crabes.


Les herbiers marins sont parfois appelés « ingénieurs d'écosystème », car ils créent en partie leur propre habitat : les feuilles ralentissent les courants, augmentant la sédimentation ; les racines et les rhizomes stabilisent le substrat du fond marin.
Leur importance pour les espèces associées est due principalement à la fourniture d'abris (de par leur structure en trois dimensions dans la colonne d'eau), et au taux extraordinairement élevé de leur productivité primaire.
En conséquence, les herbiers apportent aux zones côtières un certain nombre de biens et services d'écosystèmes, encore appelés services écologiques, par exemple : enrichissement des zones de pêche, protection mécanique contre les vagues et donc limitation de l'érosion côtière, production de dioxygène...

Utilisation

Les herbiers marins sont récoltés comme engrais pour amender les sols sablonneux.

Ce fut une activité importante dans le Ria de Aveiro, au Portugal, où les plantes recueillies étaient nommés moliço.
Au début du XXe siècle, des plantes issues d'herbiers marins ont été utilisées notamment en France en guise rembourrage de matelas, et ont été très appréciées par les forces françaises pendant la Première Guerre mondiale.
Récemment des plantes ont été utilisés dans l'ameublement, tissées comme le rotin.


Perturbations et menaces qui pèsent sur les herbiers

Les perturbations naturelles telles que le broutage des herbivores, les tempêtes, les dégradations par la glace et la dessiccation font partie intégrante de la dynamique des écosystèmes marins.
Les herbiers marins affichent un degré extrêmement élevé de plasticité phénotypique, s'adaptant rapidement aux variations des conditions de l'environnement.
Les herbiers marins sont toutefois en déclin global, avec quelque 30 000 kilomètres carrés perdus au cours des dernières décennies.
La principale raison de ce déclin est la perturbation occasionnée par l'homme, notamment l'eutrophisation, la destruction mécanique de l'habitat et la surpêche. L'apport excessif de nutriments (azote, phosphore) est directement toxique pour les herbiers, mais plus grave, il stimule la croissance des épiphytes et des algues flottantes macroscopiques et microscopiques.
Cela se traduit par une diminution de la quantité de lumière solaire pouvant atteindre les feuilles des plantes, ce qui réduit leur photosynthèse et donc leur production primaire.
La décomposition des thalles des algues ainsi que le fuel algal entraine la prolifération des algues (bloom), d'où un effet rétroactif (feedback) positif.
Cela peut conduire à une réorganisation complète de l'écosystème lequel peut passer d'une prédominance des herbiers à une domination des algues.
La surpêche des grands poissons prédateurs pourrait indirectement augmenter la croissance des algues, réduisant ainsi la régulation que permet le broutage des invertébrés herbivores, tels que les crustacés et les gastéropodes, par un phénomène de cascade trophique.

Enfin, l'introduction de nouvelles espèces, comme Caulerpa taxifolia peut également avoir un impact négatif sur la diversité au sein des herbiers.

 Mesures de protection

Les méthodes les plus utilisées pour protéger et restaurer les herbiers sont, notamment, la réduction des niveaux de nutriments et de pollution, la préservation par utilisation d'aires marines protégées et la restauration par la transplantation de plans d'herbiers.

Le gouverneur de l'État de Floride dont les eaux hébergeraient 7 espèces de ces magnoliophytes marines, a édicté une charte de sensibilisation à la protection des herbiers, « Seagrass Awareness Month ».



Revenir en haut Aller en bas
http://bleuemer.kanak.fr
 
Les herbiers marins
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Expo: Marins de Normandie - Honfleur - 16/07-31/08
» Le G énéral DE GAULLE et les sous marins FNFL
» Expo : Matelotage et peintres marins
» Escadrille des sous marins de l'ATLANTIQUE
» PASPORT TORPILLEURS MARINS 1919

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les mers et océans :: Mers et océans :: Flore Marine-
Sauter vers: