Environnement maritime - Faune, Flore - Bâteaux - Graphisme
 
AccueilPortailConnexionS'enregistrer

Partagez | 
 

 Faune

Aller en bas 
AuteurMessage
Bleuemer
Admin
Bleuemer

Messages : 380
Age : 60

MessageSujet: Faune   Ven 23 Nov - 18:34

Faune des Sargasses.  
Au centre des tourbillons formés par les courants, dans les grands océans au Nord et au Sud de l'équateur, on trouve d'immenses îlots d'Algues flottantes désignées sous le nom de Sargasses. 
Ce sont des Algues brunes détachées des côtes et qui se sont adaptées à la vie pélagique, formant des rubans longs souvent de plusieurs kilomètres, et qui flottent grâce aux vésicules remplies d'air, ou flotteurs, dont leur thalle est pourvu. 
On trouve de ces « mers de Sargasses » dans presque tous les océans, mais la mieux étudiée est celle qui se trouve dans l'Atlantique, au Nord du courant équatorial et à l'Est de l'origine du Gulf Stream, entre les Canaries, les Açores et les Bermudes. 
La faune qui vit au milieu de ces Algues est assez spéciale, mais elle est comparable plutôt à une faune littorale qu'à une faune pélagique, puisque ses représentants peuvent se fixer aux Algues comme aux rivages d'une île : en réalité, elle tient de l'une et de l'autre tout en présentant des caractères particuliers très dignes d'intérêt. 
On y remarque un petit poisson (Antennarius marmoratus) spécial à cette faune, et qui construit son nid au milieu des Algues en le fixant à l'aide de filaments muqueux très résistants. 
Des Syngnathes, des Diodons, des Castagnoles (Sparus) se cachent sous le thalle des Sargasses; 
des Crabes (Neptunus sayi, Nautilograpsus minutus) s'y cramponnent, et des Palémons (Palemon natator) nagent alentour. 
Des Amphipodes, des Mollusques (Scyllea pelagica), une Eolide (Litiopa bombyx), rampent a leur surface; des Hydraires, des Membronipores, des Spirorbes, des Annélides, une Planaire et une petite Actinie complètent cette faune qui présente tous les caractères d'une colonie de la faune littorale. 

Les Poissons pélagiques viennent chercher pâture au milieu des Sargasses comme sur les rivages des continents : on y remarque surtout des représentants de la famille des Macruridae, remarquables par leur forme allongée, et des Pleuronectes, qui ayant perdu l'habitude de se cacher dans le sable en se couchant sur le côté, n'ont pas les deux faces dissymétriques : par contre, ils portent de longs tentacules. 

On est encore plus surpris de rencontrer au milieu de cette faune pélagique un représentant du genre Amphioxus (ou Branchiostoma), dont tous les autres représentants connus vivent dans la zone littorale où ils s'enfoncent profondément dans le sable.
La plupart des animaux qui fréquentent les mers de Sargasse présentent un curieux mimétisme : pour échapper à la voracité des Poissons carnivores qui rôdent autour des Algues, ils revêtent la couleur brun olivâtre, formée par le mélange de taches brunes; vertes ou jaunes qui est celle de ces varechs et que l'on a nommée la « livrée des Sargasses ». 

Ces teintes ternes tranchent nettement avec la couleur bleue, azurée, qui revêt les animaux pélagiques et qui se montre sur l'Hippolyte ensiferus, espèce de Crevette nageuse très agile et qui est d'un bleu si intense qu'on ne la voit pas quand elle est plongée dans la mer. Les jeunes Poissons volants (Exocetus), qui se développent à l'ombre des Sargasses, commencent par revêtir cette livrée brune si caractéristique, mais dès qu'ils sont assez forts pour quitter cet abri, les taches brunes disparaissent pour faire place à la, teinte d'un bleu uniforme qui est propre aux adultes.
Faune des bancs de coraux.  
Les récifs coralliens et les îles madréporiques, construits par des Polypes en sociétés et formant d'immenses agglomérations, ont été étudiés ailleurs , au point de vue de leur rôle géologique et géographique, sur lequel nous ne reviendrons pas ici.

Au point de vue de leur distribution à la surface du globe à l'époque actuelle, on sait que les Coralliaires ne peuvent prospérer que dans la zone intertropicale et surtout dans la zone équatoriale, entre 15° de latitude Nord et 15° de latitude Sud, de chaque côté de l'équateur, car la plupart ont besoin pour vivre d'une température qui ne s'abaisse jamais, même dans la saison froide, au-dessous de 20°C. 
C'est pourquoi ces récifs coralliens, si nombreux dans le Pacifique, deviennent rares ou font défaut dans l'océan Indien et surtout dans l'Atlantique. 
Partout où des courants froids abaissent la température normale des côtes, comme sur les rivages occidentaux de l'Amérique du Sud, de l'Australie et de l'Inde, les grands bancs de coraux font défaut; au contraire, c'est grâce à un courant chaud (le Gulf Stream), que les récifs des Bermudes peuvent vivre dans l'Atlantique sous la latitude exceptionnelle de 33°de latitude Nord, qui est la plus éloignée de l'équateur où l'on ait constaté la présence de ces constructions coralliennes. 

Dans la zone équatoriale, la plupart des formes de Polypiers prospèrent, mais dans la zone subtorride (limitée par l'isochimène de 20°C), les Madréporaires qui sont le type des Polypiers constructeurs d'Atolls, font défaut, les Astréacées et les Fungies deviennent rares, tandis que les Porites, plus résistants aux basses températures, finissent par prédominer. 
Tous ces Coralliaires, d'ailleurs, sont avides d'oxygène et de lumière, ils ne se développent que dans l'eau la plus pure, et les Madréporaires ne vivent pas à une profondeur de plus de 50 m : ils ne s'installent jamais sur les rivages vaseux ou dans l'eau trouble des estuaires. 

La nourriture de ces Polypiers est essentiellement formée par le Plancton que les courants amènent à portée de leur bouche, mais ils servent à leur tour de nourriture à une foule d'animaux marins qui constituent la faune des bancs de coraux.
Les plus remarquables de ces ennemis des Coralliaires sont les poissons des familles des Choetodontidae et des Pomacentridae qui se nourrissent principalement des polypes des Madréporaires qu'ils broutent littéralement lorsque ces animalcules s'épanouissent sur la muraille des Polypiers. Mais les fissures et les anfractuosités de cette muraille servent de refuge à une foule d'animaux marins Annélides, Crustacés, Bryozoaires, Brachiopodes, Mollusques, Echinodermes, etc. 

La lourde coquille des Tridacnes, les plus grands de tous les Bivalves, se voit souvent implantée sur une saillie du récif et lorsque cette coquille s'entrouvre et que le manteau de l'animal déborde, dans une eau claire et calme, on croirait voir un parterre de tulipes, tant cet organe est paré de couleurs vives et tranchées.
Faune littorale.
La faune littorale comprend les animaux marins qui vivent sur les côtes des continents dans les limites de la végétation sous-marine formée d'Algues fixées aux rochers et de prairies de Zostères. 
C'est l'étude de cette faune qui a principalement servi de base aux naturalistes pour la classification des Océans en zones et en régions.

Les faunes littorales des poissons marins ont été divisées par Günther de la manière suivante :
Classification des faunes marines littorales. Günther admet 5 zones primordiales qui se subdivisent en régions et en districts de moindre importance et qui sont :
 - I. Zone de l'océan Arctique.
 - II. Zone Nord tempérée avec 2 régions : A. Atlantique N. tempéré avec 3 districts: Britannique, Méditerranéen et Nord-Américain; B. Pacifique Nord tempéré, avec 3 districts : Kamtshadale, Japonais et Californien. 
- III. Zone équatoriale avec 3 régions: A. Atlantique tropicale; B. Indo-Pacifique tropicale; C. Pacifique américaine, celle-ci avec 3 districts: Amérique centrale, Galapagos, Péruvien. 
- IV. Zone Sud tempérée avec une seule région et 4 districts : Cap de Bonne-Espérance, Sud-Australien, Chilien et Patagonien. 
- V. Zone de l'océan Antarctique.

Cette classification qui est, comme on voit, tout à fait géographique et d'une régularité qui contraste avec l'irrégularité des régions continentales, s'applique également, dans la plupart des cas, à la distribution des Mollusques, des Crustacés et des Echinodermes. 

En effet, les subdivisions proposées par Woodward et Fischer, par Dana et par Agassiz pour ces divers groupes, ne font que reproduire sous d'autres noms les subdivisions (districts) de Güinther. 

On peut en juger par la liste suivante des 18 provinces admises par Woodward, pour la distribution des Mollusques marins :
1. Arctique;
2 Boréale; 
3. Celtique; 
4. Lusitanienne; 
5. Aralo-Caspienne;
6. Africaine occidentale; 
7. Africaine australe; 
8. Indo-Pacifique ; 
9. Australo-Zélandaise;
10. Japonaise; 
11. Aléoutienne ;
12. Californienne ;
13. Panamtique; 
14. Péruvienne ; 
15. Magellanique ou Antarctique; 
16. Patagonienne; 
17. Caraïbe (Antilles); 
18. Transatlantique (Américaine).
 - On voit qu'il y a peu de choses à faire pour établir la concordance de ces 18 provinces avec les 17 districts de Günther.
 
En raison des différences légères qui séparent les zones et les régions marines, on a proposé de les réduire à 3 zones, dont une seule, beaucoup plus importante que les autres comprendrait 3 régions. 

On aurait ainsi :  
1° Zone Arctique froide et tempérée;
2° Zone Equatoriale avec 3 régions : A. Indo-Pacifique ; B. Atlantique; C. Américaine occidentale. 
3° Zone Antarctique.

I. La faune littorale Arctique, est, comme nous l'avons dit, d'une grande richesse surtout en individus, et cette abondance contraste avec la pauvreté de la faune terrestre. D'après Sars, les Mollusques marins arctiques ont plus de 250 espèces, tandis que les Insectes, partout ailleurs si nombreux, ne dépassent pas une trentaine d'espèces. Les Poissons arctiques sont de nombreuses espèces de Morues (Gadidae) qui servent à la nourriture des habitants des côtes. 
Les genres Cyclopterus et Liparis (famille des Cyclopteridae), sont propres à cette zone, et les Esturgeons (Accipenseridae) y passent périodiquement de la mer aux eaux douces. Les Blennoïdes (Lycodidae) sont communs aux régions Arctique et Antarctique, ainsi que les Myxines poissons vermiformes, parasites externes des Morues. 

II. La faune Antarctique est caractérisée par la réapparition, dans sa zone tempérée, des types arctiques qui ne se trouvent pas dans la zone équatoriale intermédiaire. L'identité des types s'étend quelquefois jusqu'aux espèces (Galeus canis, Engraulis euchrasicolus, Clupea sprattus, Conger vulgaris). 
Dans la zone froide, les Gadidaes sont moins nombreux que dans la région arctique. Les genres Zanclorhynchus, Choenichthys, Haspagifer, Thysanopsetta sont propres à cette zone et se trouvent sur les côtes du détroit de Magellan ou des îles Kerguelen.
La grande région Indo-Pacifique, qui s'étend de la mer Rouge jusqu'aux archipels orientaux de la Polynésie, est à elle seule plus riche que toutes les autres, comme on peut s'y attendre d'après son étendue. 
Elle est bien caractérisée par le grand développement des Coraux madréporiques qui forment le soubassement d'un grand nombre d'îles dans l'océan Indien et le Pacifique. On compte plus de 80 genres de Poissons propres à cette région, et la plupart des espèces dans toutes les classes d'animaux marins se retrouvent identiques de la mer Rouge à l'archipel d'Hawaii.
La région atlantique équatoriale a très peu de genres qui lui soient propres (Centropristis, Rhypticus, Haemulon, Malthe). Les autres se retrouvent dans le Pacifique. 
Les récifs coralliens n'existent que dans la région qui s'étend des Antilles à la Floride. Un certain nombre d'espèces s'étendant des mers d'Europe à l'Australie, tandis que la faune terrestre de ces deux régions est aussi dissemblable que possible. 
La faune de la Méditerranée n'est qu'une dépendance de celle de l'Atlantique.
La région américaine occidentale (ou du golfe de Panama) est complètement dépourvue de récifs coralliens, même sous l'équateur, ce qui tient à la basse température de ses eaux sans cesse refroidies par les courants venant des pôles (courant de Humboldt dans l'hémisphère Sud, courant de Tessan sur les côtes de la Californie). 
L'absence des Coraux entraîne celle des Poissons qui s'en nourrissent, des Mollusques et des Crustacés qui se plaisent sur les récifs. Les genres sont bien les mêmes que dans la région Indo-Pacifique, mais les espèces sont différentes. Le district de l'Amérique Centrale (province Panamique) est remarquable par la presque identité de sa faune avec celle de la mer des Antilles et du golfe du Mexique: nous en avons déjà indiqué la cause. 

Zones ou étages de la faune littorale.  
Dans la faune littorale d'une région donnée, on peut distinguer plusieurs étages ou zones caractérisés surtout par la présence des Invertébrés sédentaires ou fixés au fond qui se plaisent dans chacune de ces zones (distribution bathymétrique). Forbes distingue les 4 zones suivantes : 

1° la zone littorale proprement dite (zone intertidale), située entre les limites du balancement des marées, zone des Algues épaves ou arrachées du fond, que le flot pousse au rivage: c'est l'habitat des Littorina (lorsque le fond est rocheux), des Hydrobia (quand ce fond est vaseux); c'est la région subterrestre de Vaillant.  

2° Zone des Laminaires, qui s'étend des plus basses marées à 27 m environ de profondeur, dite aussi « Zone des Zostères » et subdivisée en région des, Algues vertes (jusqu'à 12 et 15 m) et région des Algues rouges (jusqu'à 36 m) ; c'est là que vivent les Mollusques herbivores (Bissoa, Trochus), etc.) et l'Huître comestible.  

3° Zone des Corallines (ou Algues incrustantes), entre 27 et 91 m, zone assez mal dénommée, car ces Corallines habitent déjà la zone des Laminaires; on pourrait l'appeler plus exactement Zone des grands Buccins (Buccinium, Fusus, Triton, Cassis).  

4° Zone des Brachiopodes et des Coraux, entre 91 et 185 m et plus, caractérisée par la rareté ou l'absence complète de végétation fixée, la présence des Coralliaires (Oculina, Dendrophyllia), des Bryozoaires, des Alcyonnaires et des Brachiopodes). 
 
Immédiatement à la suite de cette quatrième zone commencent les zones de la faune Abyssale, car il est utile de faire remarquer que sur la pente sous-marine, plus ou moins régulière ou accidentée, qui forme le plateau continental, il n'y a pas en réalité de limite tranchée entre la faune littorale et la faune des grandes profondeurs, dont il nous reste à parler. 

Faune Abyssale ou des grandes profondeurs.
On a cru jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle que toute vie cessait dans les mers au delà de 450 m environ de profondeur. L'examen de câbles électriques immergés à une profondeur de 2000 à 2800 m et sur lesquels s'étaient fixés des Mollusques et des Polypiers d'espèces variées, a montré que cette opinion était erronée (A. Milne-Edwards). 
Enfin les explorations sous-marines du Porcupine, du Challenger, du Travailleur, du Talisman et de beaucoup d'autres, les dragages, entrepris à des profondeurs considérables, ont prouvé que des animaux appartenant à presque toutes les classes d'Invertébrés et même des Poissons vivaient jusqu'à 8000 m et plus, dans les grandes vallées du fond des océans. 
Les formes ainsi recueillies étonnent d'abord par leur nouveauté et leur étrangeté relative, mais si on les examine de plus près, il est facile de se convaincre qu'il ne s'y trouve, en réalité, aucune forme spéciale, comparable aux Dipnoïques parmi les Poissons, au Péripate parmi les Arthropodes, et que la plupart rentrent dans les familles ayant déjà des représentants dans la faune littorale ou dans la faune pélagique, et doivent être considérés comme des types qui se sont habitués peu à peu à vivre à de grandes profondeurs. 
Les plus intéressantes de ces formes sont celles qui n'étaient connues précédemment que par des espèces fossiles, et dont on considérait le type d'organisation comme entièrement éteint. 

Les Poissons des grandes profondeurs appartiennent aux familles des Macruridae, Scopelidae, Lophiidae, Luciocephalidae, Sternopthyeidae, Stomiatidae, Muraenidae, qui ont des représentants, soit dans la faune littorale, soit dans la faune pélagique; ils constituent tout au plus des genres particuliers, mais présentent un facies spécial. 
Leur peau est couverte d'un enduit muqueux très épais et leurs écailles se détachent facilement. 
Les muscles sont mous et peu épais, les os spongieux et fragiles, bien que tous appartiennent au groupe des Poissons osseux les Poissons cartilagineux n'y sont pas représentés. Leur bouche est généralement grande et armée de dents grêles et recourbées en forme d'hameçons : tous sont carnivores et doivent vivre dans une vase épaisse que leurs mouvements seuls remue. 

Les uns sont allongés, anguilliformes (Cyema, Macrurus, Stomias, Malacosteus, etc.); d'autres sont plus courts et ne semblent formés que d'une large bouche et d'un estomac extrêmement dilatable (Metanocetus, Dibranchus) : le Melanocetus Johnsoni a été péché à plus de 4500 m de profondeur. Ces poissons vivent ainsi sous une pression qui dépasse souvent 200 atmosphères, de telle sorte que lorsque la drague les amène à la surface, ils ont presque toujours l'estomac renversé hors de la bouche, par suite de la décompression trop brusque subie par les gaz que renferme leur vessie natatoire. 

Si la plupart de ces poissons ont des couleurs sombres et ternes, il n'en est pas de même des Crustacés quelques-uns de ceux-ci sont, il est vrai, blanchâtres et transparents (Pentacheles, Polycheles, Willemaesia), mais d'autres sont parés de couleurs d'une intensité surprenante; telles sont les grandes Crevettes du genre Aristeus (par 1000 à 3000 m), dont la teinte rouge carminée semble factice au premier abord. 
D'autres sont remarquables par leur grande taille : Gnathophausia goliath (2300 m) est le géant des Schizopodes, car il a 25 cm de long : le Bathynomus giganteus de 23 cm, qui provient de 1700 m, est le plus grand de tous les Isopodes connus, et le Colossendeis titan, trouvé à 4000 m, est un Pygnogonide d'une taille vraiment plus grande que celle des espèces vivant près des côtes. 

C'est parmi les Echinodermes et les Brachiopodes que l'on trouve ces types archaïques que l'on croyait éteints avant qu'on les ait retrouvés vivants dans les brandes profondeur. 
Les Crinoïdes, type très ancien, sont représentés à 4500 m environ par le Pentacrinus Wyville-Thomsoni, à 2700 m par le Bathycrinus Aldrichianus. 
Un genre d'Oursins mous, à carapace mobile comme celle d'une poche de cuir (Calveria), permet de se faire une idée exacte de l'organisation de certains types fossiles précédemment connus et qui avaient la même conformation. 
Les Brachiopodes sont souvent de grande taille (Terebratula Wyvillei pêchée à 2000 et 4000 m) et se rapprochent de types jurassique. Les Crustacés Pentacheles et Polycheles, dont nous avons déjà parlé, se rattachent également au G. Eryon qui est de la même époque géologique. 

Une autre particularité remarquable de la faune des grandes profondeurs, c'est que les distinctions géographiques n'y ont plus de raison d'être : cette faune est presque uniforme des pôles à l'Equateur, ce qui se comprend sans peine lorsque l'on sait qu'à la profondeur de . 2000 m, la température est sensiblement la mêôme sous toutes les latitudes. C'est ainsi que les Lithodes, Crustacés de grande taille supposés d'abord propres aux mers polaires, ont été dragués par le Travailleur, à la profondeur de 1500 m, sur les côtes du Sahara africain. On peut dire que les types de la faune abyssale sont cosmopolites. 

Conditions d'existence de la faune abyssale.  
Les particularités qui distinguent les animaux des grandes profondeurs ont été résumées de la manière suivante par Edmond Perrier : Les animaux fixés (Eponges, Alcyonnaires, Crinoïdes, Tuniciers) ont un long pédoncule nécessité par l'épaisse couche de vase qui couvre le fond. 
Pour la même raison, beaucoup d'entre eux sont incubateurs, c.-à-d. qu'ils n'abandonnent pas au hasard leurs oeufs et leurs jeunes, qui périraient infailliblement étouffés dans la vase; ils les gardent avec eux jusqu'à ce qu'ils puissent se suf fire à eux-mêmes. 
Dans ce milieu obscur, la cécité est fréquente et la vue est remplacée par des organes tactiles très allongés (Crustacés à membres longs et grêles, Etoiles de mer à longs bras, etc.). Les Holothuries sont munies d'une sole ventrale et rampent sur le fond comme des Limaces. 
Par contre, chez les types nageurs, les organes tactiles et les yeux sont souvent développés simultanément; de plus, les Poissons et les Crustacés sont assez fréquemment munis d'organes lumineux phosphorescents, et ce mode d'éclairage, qui supplée à l'absence de la lumière du soleil, est le seul que connaissent les animaux de la faune abyssale. 

La basse température des grandes profondeurs, l'absence des courants et des vagues, des végétaux fixés et des rochers anfractueux, la nature du fond qui est en quelque sorte nivelé par une couche de vase homogène tassée sous une pression énorme, telles sont les conditions qui forcent les jeunes à se développer en restant attachés à leur mère (Pterasteridae, Cidaris nutrix, Hemiaster cavernosus). Une Holothurie (Cladodactyla crocea) porte ses petits dans des poches spéciales ou fixés à ses piquants; un Crustacé (Arcturus Baffini) les promène cramponnés à ses antennes.  

Comme les courants ne renouvellent pas sans cesse la nourriture, les Polypiers branchus et qui vivent en colonies nombreuses sont rares, tandis que les Polypiers solitaires (Caryophyllia) abondent : munis d'un long pied mobile qu'ils enfoncent dans la vase, ils se déplacent facilement (Hyalonema). Des Ascidies pédonculées (Ascopera, Corynascidia) vivent de la même manière, ainsi que des Hydraires, des Alcyonnaires (Monocaulon, Virgularia, Umbellularia) et les Crinoïdes dont nous avons déjà parlé (Pentacrinus, Rhizocrinus); leur pédoncule atteint quelquefois plusieurs mètres de long, ce qui explique l'abondance des articles (entroques) qui forment cette tige dans certaines couches géologiques du Mésozoïque. 

La présence de Polypiers nuancés de violet, de jaune et de vert, d'Ombellulaires d'un violet éclatant, de Pentacrinus d'un vert clair, de Comatules jaunes ou rouges, de Brisinga orangés ou écarlates, d'Hymenaster roses et lilas, d'Oursins mous pourprés, de Pourtalesia d'un violet magnifique, de Crustacés d'un rouge carminé (Gnathophausia, Nematocarcinus, Hapalopoda), etc., prouve que la lumière du soleil n'est pas nécessaire au développement de ces pigments colorés. 

On sait combien la phosphorescence est commune chez les organismes marins, mais cette propriété est encore exaltée chez ceux qui habitent les grandes profondeurs. Lorsque après un dragage on ramène le soir le chalut chargé de butin à bord du navire, on assiste à un spectacle magnifique. Tout est en feu dans le filet. Les rameaux des Polypiers, les Etoiles de mer, et parmi celles-ci, la brillante et fragile Brisinga, les Mopsées répandent une lumière qui permet de lire à cette clarté mystérieuse. 
La vase même est pétrie de Protozoaires lumineux, de telle sorte que le fond lui-même doit être éclairé par l'effet des mouvements des organismes qui s'agitent à sa surface. 
Les appareils lumineux dont certains Crustacés sont pourvus, ont une variété surprenante : l'Acanthephyra pellucida du groupe des Palémons, qui se pêche déjà par 500 m de profondeur, a des yeux phosphorescents énormes et de plus sept espèces différentes d'organes lumineux distribués sur tout le corps. 
L'Euphausia pellucida porte également de ces organes que l'on peut comparer aux appareils de projection d'un phare et qui ont probablement, comme l'oeil des Chats la propriété de recueillir et de condenser la plus faible lumière au milieu de la nuit. 
Les Poissons ont leur raie latérale phosphorescente : le Malacosteus niger porte sur la tête deux paires d'appareils lumineux, l'une vert clair, l'autre jaune et munie d'une lentille. Chez l'Ipnops murrayi (par 3500 m), ces appareils lumineux couvrent toute la tête. 

Les Rhizopodes, les Eponges calcaires, cornées et charnues, les Polypes hydraires, les Méduses, les Oursins réguliers, les Holothuries normales (rayonnées) sont des types qui manquent dans la faune abyssale. 
Les Entomostracés, les Mérostomacés, les Nemertes et les Annélides, les Bryozoaires, les Brachiopodes, les Céphalopodes et les Ptéropodes sont rares, mais la plupart des autres familles qui sont représentées dans la faune littorale le sont aussi dans la faune abyssale : celle-ci est plus riche en individus de même espèce qu'en formes variées; elle s'appauvrit d'ailleurs à mesure que la profondeur augmente. 

En se fondant sur l'étude des Echinodermes, qui sont les animaux les plus caractéristiques de la faune abyssale, on peut diviser cette faune en 5 zones, qui font suite aux zones littorales, et qui sont ainsi définies : 
 
- 1re zone de 100 à 500 m (qui se confond en partie avec la quatrième zone littorale dite « zones des Brachiopodes et des Coraux »); elle est caractérisée par Antedon phalangium, avec des Eponges calcaires, des Askonema et des Gorgones.  
- 2e zone, de 500 à 1000 m avec Letmogone : les Holtenia, Euplectella, Brisinga et Calveria commencent à se montrer.  
- 3e zone, de 1000 à 1500 m, riche en Brisinga, Calveria, Pentacrinus et en mollusques (Fusus, Bulla, Trochus, Dentalium).
- 4e zone : de 2500 à 5000 m et plus, avec Bathycrinus, Hemiaster, Pourtalesia, Brisinga Edwardsi.  
- 5e zone définie par les Oneirophenta et Peniagone qu'on ne trouve qu'à partir de 5000 m.

Migrations des animaux marins.
Parmi les animaux marins, les Pinnipèdes (Phoques et Otaries) dont nous avons déjà parlé sont les seuls qui effectuent de véritables migrations périodiques comparables à celle des oiseaux de long vol. Cependant les migrations de certains poissons qui passent chaque année de la mer aux eaux douces et vice-versa pour vaquer aux besoins de la reproduction (Anguilles, Saumons, Esturgeons), s'en rapprochent jusqu'à un certain point. 
La plupart recherchent les rivières pour y déposer leurs oeufs dans les eaux plus calmes où les jeunes courent moins de dangers que dans la mer : les Anguilles, au contraire, naissent dans la mer et remontent les fleuves alors qu'elles sont encore jeunes, et s'y installent à l'âge adulte. 
Quant aux prétendus voyages des Sardines et des Harengs, ils n'ont pas le caractère qu'on leur supposait autrefois : on croyait que ces poissons, dont les bancs se montrent au printemps sur les côtes, venaient des régions arctiques où ils auraient passé le reste de l'année. On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien. 
C'est dans les grandes profondeurs que la Sardine vit pendant l'hiver : elle ne se rapproche des côtes que pour frayer, de telle sorte que ces déplacements consistent simplement à remonter d'une zone à une autre et vice-versa, et rappellent les déplacements des oiseaux sédentaires, qui passent de la forêt ou de la montagne à la plaine, suivant les saisons, plutôt que les migrations lointaines des Hirondelles, des Echassiers et des Palmipèdes voyageurs. 

Rapports paléontologiques des faunes marines.
Les faunes marines fossiles sont d'autant plus différentes de celles des mers voisines, à l'époque actuelle, que l'on remonte plus loin dans la série des couches géologiques. C'est ce que l'on constate notamment en Europe. 
Ainsi la faune quaternaire diffère à peine de celle de l'Océan ou de la Méditerranée. 
-- La faune pliocène du centre de l'Europe se rapproche davantage de la faune actuelle de la Méditerranée elle a un faciès franchement méridional. 
-- La faune miocène du même pays est voisine de la faune actuelle de la mer des Caraïbes et les faunes éocène et crétacée ont des représentants vivants dans la zone équatoriale de la grande région lndo-Pacifique. 
-- Enfin les Crinoïdes, si nombreux aux époques mésozoïque et paléozoïque, n'ont plus d'analogues que dans la faune des grandes profondeurs. Les faunes marines anciennes paraissent avoir présenté une grande uniformité sur tous les points du globe où on a pu les étudier à l'état fossile. (E. Trouessart).
Revenir en haut Aller en bas
http://bleuemer.kanak.fr
Bleuemer
Admin
Bleuemer

Messages : 380
Age : 60

MessageSujet: Re: Faune   Mar 18 Déc - 9:16

Algues Sargasses









Revenir en haut Aller en bas
http://bleuemer.kanak.fr
Bleuemer
Admin
Bleuemer

Messages : 380
Age : 60

MessageSujet: Re: Faune   Mar 18 Déc - 9:19

Poisson Antennarius



Revenir en haut Aller en bas
http://bleuemer.kanak.fr
Bleuemer
Admin
Bleuemer

Messages : 380
Age : 60

MessageSujet: Re: Faune   Mar 18 Déc - 9:27

Les Syngnathes



Les Diodons




Les Castagnoles



Revenir en haut Aller en bas
http://bleuemer.kanak.fr
Bleuemer
Admin
Bleuemer

Messages : 380
Age : 60

MessageSujet: Re: Faune   Mer 2 Jan - 19:31

Diodon




Revenir en haut Aller en bas
http://bleuemer.kanak.fr
Bleuemer
Admin
Bleuemer

Messages : 380
Age : 60

MessageSujet: Re: Faune   Mer 2 Jan - 19:38

Palémon




Revenir en haut Aller en bas
http://bleuemer.kanak.fr
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Faune   

Revenir en haut Aller en bas
 
Faune
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Hongrie, la catastrophe écologique menace la faune et la flore du Danube.
» FAUNE - Y613 (1972-2002) : généralités
» il y a 200 000 ans à Rouen.
» Étang de Thau
» La faune des Hautes Vosges

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les mers et océans :: Mers et océans :: Faune Marine-
Sauter vers: